L’industrie du VIH a-t-elle échappé à tout contrôle ?
16-05-2008 - La création de l’UNAIDS était fondée sur l'affirmation que le VIH était une maladie exceptionnelle. Une maladie catastrophique, demandant des mesures spéciales, des interventions multisectorielles, au-delà des seules capacités de l’OMS. Cet argument de l’exceptionnalité a été utilisé sur le plan politique, et pour obtenir d’énormes sommes d’argents par le biais de divers programmes de lutte contre le SIDA. Doté de sa propre agence, le VIH est devenu un secteur économique plus qu’une maladie.
Cette notion d’exceptionnalité est maintenant remise en question. Les études menées dans les pays d’Afrique noire montrent que la maladie ne touche pas les plus pauvres, mais surtout les classes moyennes. D’autres maladies causent beaucoup de ravages, ainsi que les catastrophes naturelles. Le VIH est un sérieux problème dans certains pays africains, mais elle n’est pas la catastrophe décrite par l’UNAIDS, dont les allégations telles que « une menace pour la survie et le bien-être des peuples partout dans le monde » tiennent beaucoup plus du sensationnalisme que de la réalité. De nombreux programmes très coûteux ont été mis en œuvre, et n’ont abouti nulle part. Des sommes importantes ont été gaspillées en commissions, en discussions ésotériques, en activités aussi variées qu’inefficaces.
Ce n’est plus une hérésie que de dire que beaucoup trop d’argent est dépensé pour le VIH par rapport aux autres besoins en matière de santé publique. Le VIH est à l’origine de seulement 3,7% de la mortalité, mais il reçoit 25% des fonds internationaux. Les aides allouées à certains pays pour le VIH peuvent dépasser le budget total de la santé de ces pays. Ces aides ont abouti à la création de circuits parallèles, qui ont affaibli les services de santé nationaux, ont eu un impact négatif sur la santé des populations de ces pays, et les ont rendu dépendants de notre aide. Et malgé cela, l’UNAIDS réclamme encore une augmentation massive de ces aides. L’UNAIDS est totalement déconnectée de la réalité, et elle détourne des ressources qui seraient bien plus utilement dépensées dans la lutte contre d’autres maladies.
En effet, ces pays n’ont pas besoin de davantage d’argent pour le VIH. Ils ont besoin d’un meilleur système de santé. L’argent ne devrait pas servir à lutter contre une maladie donnée, que ce soit le VIH, la tuberculose ou la malaria. Il devrait servir à renforcer le système de santé d’un pays, afin qu’il puisse lutter plus efficacement contre les diverses maladies auxquelles sa population est confrontée. Pourquoi ne pas créer une agence similaire à l’UNAIDS, pour lutter contre la pneumonie, ou contre le diabète, qui tuent tous les deux davantage de monde que le VIH à l’échelle planétaire ? L’UNAIDS devrait être dissoute. Ses fonctions devraient être reprises par l’OMS, afin que le VIH soit remis à sa place, parmi les autres maladies.
L’industrie du VIH est devenue un monstre incontrôlable, avec trop d’intérêts en jeu, trop de réputations qui se jouent, trop de gens bien payés, et trop de stars du rock qui soutiennent la lutte contre le SIDA pour leur image. Tant que nous n’aurons pas ôté au VIH cette aura d’exceptionnalité, les pays ne pourront pas avoir les systèmes de santé dont ils ont besoin.
Transmis par Françoise CREPIN
Source : The writing in on the wall for UNAIDS. R England. BMJ 2008 ; 336 : 1072.
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